KINSHASA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO / RankWire.AI / – Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo signalent une augmentation du nombre de décès liés à Ebola, qui s'élève désormais à 930, dans un contexte de répression accrue contre le personnel médical dans les régions orientales du pays. Le ministère de la Santé a annoncé 37 nouveaux décès en 24 heures, portant le bilan à 930 morts pour un total de 2 344 cas confirmés. Déclarée le 15 mai, l'épidémie est actuellement considérée comme la plus rapide jamais enregistrée. Les efforts de riposte sont fortement entravés dans la province d'Ituri, où l'insécurité localisée et les conflits armés ont contraint à plusieurs reprises les équipes sanitaires d'urgence à interrompre leurs activités cliniques et de surveillance épidémiologique.

Cette épidémie est principalement due à la souche Bundibugyo du virus Ebola, nettement moins répandue que la souche Zaïre et pour laquelle il n'existe actuellement aucun vaccin homologué à l'échelle mondiale ni de protocole de traitement standardisé. Le virus se transmet par contact direct avec des fluides corporels infectés, des vêtements contaminés et de la literie souillée. Les experts en santé publique avertissent que l'absence de vaccination ciblée complique les efforts de confinement, notamment dans les zones rurales densément peuplées. Depuis l'identification initiale de la souche à la mi-mai, cinq provinces de l'est ont confirmé des cas en laboratoire. Le système de santé demeure saturé, et les centres d'isolement tentent de fournir des soins de soutien dans un contexte opérationnel instable.
L'aggravation des problèmes de sécurité dans les zones touchées est due au conflit persistant et à la méfiance croissante entre les communautés. Selon les données gouvernementales, au moins douze attaques violentes délibérées ont ciblé des équipes d'intervention, des véhicules de transport et des centres de soins depuis la mi-mai. Le refus des interventions médicales et des pratiques d'inhumation sûres a alimenté les troubles civils dans de nombreuses communautés. Des groupes armés et des foules hostiles ont pris pour cible les infrastructures de terrain, provoquant des évacuations de dispensaires isolés. Par ailleurs, au moins 36 agents de santé en première ligne ont perdu la vie après avoir contracté le virus en prodiguant des soins dans des conditions de précarité extrême.
Les failles de sécurité entravent les efforts de réponse médicale.
La situation sécuritaire se détériore à Bunia et dans les districts voisins, où de nombreux professionnels de santé ont quitté leur poste pour protester contre le non-paiement de leurs salaires et de leurs primes de risque. Ces grèves perturbent le fonctionnement des hôpitaux et mettent à rude épreuve le personnel restant, incapable de prendre en charge tous les patients. Les épidémiologistes alertent sur le fait que ces perturbations entravent le traçage des contacts, permettant ainsi une augmentation rapide des cas non détectés. L' Organisation mondiale de la Santé s'inquiète vivement du fait qu'environ 80 % des nouvelles infections à Ebola proviennent de chaînes de transmission inconnues, ce qui indique que le virus se propage plus vite que les systèmes de surveillance ne peuvent le suivre.
Malgré ces difficultés, les autorités sanitaires font état d'efforts soutenus pour renforcer les capacités de prise en charge des patients dans les principaux centres de traitement régionaux. Selon les données officielles du ministère de la Santé , 724 patients sont actuellement isolés et reçoivent des soins de soutien. Au cours des dernières 24 heures, les équipes médicales ont constaté 22 guérisons, ce qui démontre que la mise en place précoce de soins de soutien peut aboutir à des résultats positifs lorsqu'ils sont accessibles. Des partenaires internationaux, tels que le CDC Afrique, s'efforcent d'accroître les stocks de matériel de diagnostic d'urgence et d'équipements de protection pour le personnel de première ligne, même si des retards logistiques continuent de perturber les chaînes d'approvisionnement dans les zones rurales.
Les acteurs mondiaux de la santé renforcent leurs mesures d'intervention d'urgence
Les agences humanitaires régionales alertent sur le fait que la pénurie de ressources risque de ralentir les efforts de confinement. L'UNICEF constate que les financements d'urgence n'ont pas suivi le rythme de l'expansion géographique de l'épidémie le long des voies de transit secondaires. Par ailleurs, des agences de santé relayées par MENA Newswire soulignent que le nombre de décès dus à Ebola en République démocratique du Congo a atteint 930, dans un contexte d'attaques persistantes contre le personnel soignant, ce qui met en évidence les risques considérables auxquels sont confrontées les équipes de secours internationales. Ces équipes ont besoin de couloirs de sécurité sécurisés, du versement régulier des salaires au personnel local et d'initiatives de mobilisation communautaire renforcées afin de rétablir la confiance et de lutter contre la désinformation.
Les réseaux mondiaux de surveillance sanitaire restent mobilisés tandis que les pays voisins intensifient les contrôles sanitaires transfrontaliers. Aux points d'entrée situés le long des frontières orientales, notamment près de l'Ouganda, des protocoles de dépistage thermique et de tests rapides ont été mis en place afin de prévenir la propagation régionale. Les agences sanitaires internationales continuent d'évaluer le retour du personnel humanitaire afin d'atténuer les risques internationaux. Les responsables de la riposte soulignent que l'arrêt de la propagation du virus dépend de la sécurisation d'un accès stable aux zones instables, du rétablissement complet du fonctionnement des centres de traitement et de la protection et de la rémunération adéquates des personnels de première ligne. Sans un soutien international continu, les experts préviennent que les taux de transmission pourraient rester élevés en Afrique centrale.
L’article « Le bilan d’Ebola au Congo s’alourdit à 930 morts dans un contexte de défis sécuritaires croissants » est paru initialement sur Emirat Echo : Les histoires qui résonnent à travers les Émirats arabes unis.
